Territoire, patrimoine et outils numériques – Introduction
Evoquer la prise en compte du territoire dans les projets de médiation numérique c’est d’abord essayer de définir les cadres dans lesquels cela s’inscrit. Sans apporter la définition géographique ou linguistique de « territoire », on peut fournir quelques éléments qui permettront plutôt d’évoquer « les territoires ». En ce sens, qu’il faut évoquer l’ensemble des facettes que cela comprend. En effet, comme le numérique englobe de multiples solutions techniques, il faut voir les approches possibles du sujet. Quelles sont donc les problématiques soulevées avant de pouvoir évoquer les réponses ?
C’est d’abord se demander à quelle période référence l’on s’attache ? Autant qu’un monument appartient à des périodes de construction, restauration,… le territoire qui l’entoure évolue au cours du temps. Dans un premier temps dans ses référentiels – points de repères, voies de circulation, lieux d’habitation – qui imposent ensuite le contexte géographique pris en compte pour la médiation. Ainsi pour le monument roman, s’insère-t-il dans l’environnement médiéval, contemporain ou toutes périodes postérieures ou antérieures ? Ces choix effectués en fonction des cibles et des objectifs de médiations, permettent de mettre en place des outils différents avec les usages qui lui appartiennent. De la même façon, quel territoire explicite-t-on ? Religieux, artistique, historique, social, … Chaque aspect présentera des références différentes mais aussi une organisation et une hiérarchie différentes.
Méthodologie de conception d’un outil numérique lié au territoire
Une fois ces réflexions prises en compte, les méthodologies des différents projets évoqués par la suite, permettent de mieux situer la création d’un ou d’outils numériques de médiation. Dans un premier temps, il est possible de constituer un ensemble de structures avec des points de vue et des compétences différentes pour évaluer et caractériser les nécessités en terme de contenu. C’est aussi offrir une vision globale et exhaustive tout en dissociant les différentes facettes citées précédemment. L’avantage étant également de confronter dès la réflexion préalable des points de vue diversifiés. C’est aussi, et bien souvent pour compléter le contenu, prendre en compte le territoire environnant le monument ou l’objet explicité. Ce dernier étant alors mis en perspective par rapport au contexte environnant. Le préalable à toute production est le géoréférencement des informations produite. Leur adjoindre une position géographique ouvre la possibilité du traitement cartographique des contenus. Il faut aussi imaginer que l’outil ainsi conçu peut renvoyer vers le territoire et non uniquement vers un lieu unique.
Cette conception préalable doit permettre de réintroduire l’objet dans son contexte de création, par l’adjonction de comparaisons et d’influences. C’est l’expression même d’un « territoire artistique ». Potentiellement rassemblés dans un espace restreint, cet aspect met en œuvre les trois directives méthodologiques relevées. Lors de la mise en place du projet, il est également possible de replacer le patrimoine dans son territoire actuel, le replaçant ainsi dans sa fonction et son rôle encore visible. Pour cela, il faut bien concevoir dès le départ l’ensemble des strates du territoire concernées – religieux, artistique, historique, social, … – qui, si elles peuvent être assemblées, nécessitent d’être introduite dans la construction technique initiale de l’outil. Cela impose donc une rigueur dans la classification et l’organisation des données.
A titre d’exemple, l’on peut citer la réalisation « Musées et Millénaires » constitué d’un collectif de musées qui reviennent selon leurs missions sur la notion d’humanité, pour fournir au finale le portrait le plus complet. Créé à l’initiative du musée des civilisations de Québec, il a pour objectif d’être participatif et de connaître une résonnance sur le territoire par l’intermédiaire d’expositions. Cet outil permet également de multiplier les approches, les périodes et les aires géographiques évoquées.
De cette réflexion préalable, il est possible de définir l’utilisation que l’on veut faire et la médiation qui doit être mise en place.
Musées et Millénaires
Université d’automne des médiateurs du patrimoine
Musée de Civilisations de Québec
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Diplômé d'un Master Patrimoine, Nouvelles Technologies et Tourisme International et doctorant sur la médiation des lieux de mémoire communs.
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