La mémoire nous manque
Alors que le patrimoine soulève bien des questions devant la possibilité de sa cession par l’Etat à des collectivités ou encore les grandes questions posées par l’avenir de la numérisation, un petit nouveau s’impose.
En effet, bien que la notion de patrimoine immatériel est depuis quelques temps prisent en compte par tous, l’on s’est généralement porté vers la conservation d’éléments identitaires régionaux (langues régionales, folklores, …). Il apparaît progressivement la mise en avant de la mémoire ouvrière dans les politiques culturelles ou d’inventaire. Rien de nouveau sur le thème qui est déjà largement traité par des associations, des ethnologues, des écrivains,… Mais cette fois ce sont les institutions qui se lancent, mais pourquoi maintenant ?
Pour ma part, j’écarte la possibilité que cette nouveauté est dû à l’avancé des autres travaux. Puisque dans la plupart des cas, l’inventaire et la valorisation de patrimoine historique ou bâti ne sont toujours pas complets. Mais la crise, les fermetures d’usine et le visage changeant de certaines villes s’imposent comme des facteurs forts. En effet, de plus en plus de friches sont réhabilités ou tout du moins réintégrées dans la vie des communes. Pour autant, leurs histoires sont principalement tenues par les personnes qui ont fait vivre ces lieux. Et comme bien souvent, l’urgence de sauvegarde et de connaissance fait que ses témoignages deviennent nécessaires pour valoriser.
D’un autre côté, il faut bien voir que cette prise en compte d’un patrimoine industriel a déjà bien avancé. En effet, l’Inventaire portant sur toute la France se termine dans différentes régions et donne à voir au public une nouvelle identité de leur territoire. Dans la suite logique de la compréhension du bâti et des fonctions, il convient de s’attacher à l’activité qui a ou caractérise encore ces bâtiments. La réintroduction de l’homme peut donc se faire par le biais de ces mémoires.
Cette démarche soulève bien des problèmes autant en terme humain puisque c’est aussi mettre en avant des moments difficiles et différentes personnalités. Mais pour revenir dans le domaine de la médiation, des questions se posent en terme de méthodologie. En effet, la conservation d’objet sonore renouvèle des pratiques ancrées dans la photo et le texte. Au-delà c’est introduire le multimédia par la vidéo pour faire la liaison entre lieu et Homme.
Pour finir c’est surtout réintroduire sur le lieu cette mémoire et non pas se contenter d’organiser des colloques et des publications. C’est une étape obligatoire pour donner de la force à ces paroles. Pour cela il faut savoir quelle période de vie de l’usine est prise en compte ? Par exemple, l’Inventaire Poitou-Charentes s’attache à mettre en avant la fermeture et la reconversion des ouvriers. Qu’en sera-t-il quand il faudra mettre en exergue les activités ou les moments fastes de l’usine ?
Un article sur le Patrimoscope
http://www.lepatrimoscope.com/
L’inventaire Poitou-Charentes
http://inventaire.poitou-charentes.fr/
L’Espace Mendes France de Poitiers qui participe à la valorisation des résultats
http://maison-des-sciences.org/
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Diplômé d'un Master Patrimoine, Nouvelles Technologies et Tourisme International et doctorant sur la médiation des lieux de mémoire communs.
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